Enjeux de la rénovation énergétique

Le coût de l'inaction en rénovation énergétique

Le coût de l’inaction en rénovation énergétique

DPE F ou G : la mauvaise performance énergétique ne se traduit plus seulement par des charges élevées et des contraintes locatives. Depuis la Loi Climat et Résilience, elle détruit activement la valeur patrimoniale des biens. Voici pourquoi l’inaction a désormais un prix que l’on peut calculer.

Au-delà de la réduction des charges : la valorisation du patrimoine

Si la notion de valeur verte est maintenant communément admise, une nouvelle tendance s’est imposée depuis la Loi Climat et Résilience : la décote brune dans l’immobilier résidentiel.

La décote brune désigne la perte de valeur engendrée par une mauvaise performance énergétique et environnementale d’un bien immobilier par rapport à un autre, toutes les autres caractéristiques étant égales par ailleurs.

La mise en place du nouveau DPE et les contraintes pesant sur les locations des biens classés F et G ont profondément modifié depuis 2021 le comportement des Français vis-à-vis des plus basses lettres du DPE.

Depuis 2014, les notaires publient chaque année des statistiques sur les ventes réalisées et mettent en lumière les écarts de prix entre les biens classés A et B par rapport aux biens classés F et G, et les écarts entre les biens classés F et G par rapport aux biens classés D.


Des baisses significatives dans toutes les régions

Dans le résidentiel collectif, les chiffres de la dernière édition sont éloquents : on observe des baisses dans chaque région, de -7 % pour Paris et la Normandie jusqu’à -15 % en Région Grand Est et Nouvelle-Aquitaine.

Sur le temps long, depuis 2021, les tendances de fond montrent des baisses annuelles comprises entre -1 % par an en régions PACA et Occitanie et -7 % par an en région Hauts-de-France et Bourgogne-Franche-Comté.

Évolution de la décote brune par région française entre 2020 et 2023

Évolution de la décote brune par région française entre 2020 et 2023 · Source : Notaires de France


Le calcul que l’on ne faisait pas : le coût de l’inaction

Pour inciter à rénover, beaucoup se limitaient jusqu’ici au calcul du temps de retour sur investissement des travaux au regard des seules économies de charges générées. Si cela fonctionnait pour des petites installations, le déséquilibre devenait trop important dans le cadre des rénovations d’ampleur, car l’amélioration de la valeur vénale était absente de l’équation.

Il est désormais possible d’enrichir ce calcul en y ajoutant le coût de l’inaction : quelle est la perte en valeur patrimoniale si l’on n’intervient pas ?

Exemple concret · Région Grand Est

Appartement classé F, évalué à 215 000 €, rénové pour atteindre la lettre D avec 25 000 € de travaux et 19 950 € d’aides.

Rénover + 11 000 € Valeur portée à 226 000 €
Coût net des travaux : 5 050 €
(25 000 € - 19 950 € d’aides)
Ne pas rénover - 21 500 € Valeur tombée à 193 500 € en 3 ans
soit une perte de 10 % de la valeur

En 3 ans, l’inaction coûte 21 500 €, soit plus de quatre fois le coût net des travaux après aides. C’est ce que Synergiec appelle le coût de l’inaction.

Réduire ses charges, respecter les obligations locatives, mais aussi préserver la valeur de son patrimoine : la rénovation énergétique répond désormais à trois enjeux simultanés. Face à des décotes brunes qui s’accélèrent chaque année, l’inaction n’est plus une option neutre. Elle a un coût, et ce coût est calculable.