La prise de décision en copropriété

La prise de décision en copropriété - Synergiec

La prise de décision en copropriété

Assemblée générale, rôle du syndic, majorités et mise en concurrence

Le rôle du syndic et du conseil syndical

Pour préparer et exécuter les décisions de l'assemblée générale, le syndicat de copropriétaires est doté par la loi de deux organes : le syndic (professionnel ou bénévole) et le conseil syndical (composé de copropriétaires élus), chargé d'assister le syndic et de contrôler sa gestion. Dans un projet de rénovation, ce sont les deux organes essentiels à convaincre pour qu'un dossier soit présenté en assemblée générale.

Le conseil syndical

Identifie les besoins en travaux, demande et compare les devis, prépare les propositions à soumettre à l'assemblée générale

Le syndic

Exécute les décisions de l'AG et joue le rôle d'intermédiaire entre les différents acteurs impliqués

Le syndic facilite la communication entre les copropriétaires et les autres parties prenantes. Il organise l'assemblée générale où sont discutés les projets de rénovation énergétique, reste en contact direct avec les artisans, bureaux d'études et entreprises de travaux, et coordonne leurs interventions pour veiller au bon déroulement des chantiers.

Il informe aussi les copropriétaires sur les enjeux de la rénovation énergétique, les avantages des travaux et les aides disponibles, conseille sur les choix techniques et les matériaux, et oriente les décisions vers des solutions durables et performantes.

Les majorités requises pour voter des travaux
Type de majoritéConcerne notamment
Majorité simple
Article 24 — majorité des copropriétaires présents ou représentés
Travaux de conservation de l'immeuble ; travaux de préservation de la santé et de la sécurité des occupants ; mise en conformité aux normes de salubrité, sécurité et équipement ; travaux d'accessibilité PMR n'affectant pas la structure
Majorité absolue
Article 25 — majorité de tous les copropriétaires (présents, représentés ou absents)
Travaux d'économies d'énergie ou de réduction des émissions de GES ; autorisation de travaux affectant les parties communes ou l'aspect extérieur ; installation de compteurs d'énergie thermique ; travaux de transformation, addition ou amélioration
Double majorité
Article 26 — majorité des 2/3 de tous les copropriétaires
Cas désormais rares depuis la loi ALUR de 2014, qui a abaissé la majorité de plusieurs types de travaux. Exemple : un chantier entraînant la privatisation d'une partie commune
Mise en concurrence et choix des prestataires

Pour un syndic, mettre en concurrence plusieurs entreprises est un acte de bonne gestion et de transparence : cela permet de trouver le meilleur rapport qualité-prix et d'éviter le risque de suspicion de collusion lié au recours systématique à une seule entreprise.

Cette mise en concurrence n'est cependant pas automatique. Il appartient à l'assemblée générale, statuant à la majorité de l'article 25, d'arrêter le montant à partir duquel elle devient obligatoire — un seuil qui dépend en pratique de la taille et du budget prévisionnel de la copropriété.

La mise en concurrence ne consiste pas seulement à présenter plusieurs devis aux copropriétaires : encore faut-il qu'un vote soit organisé sur chacun d'eux. La Cour de cassation a annulé une résolution où seul le devis choisi par l'architecte avait été soumis au vote, alors que plusieurs devis avaient été annexés à la convocation. Dès lors qu'une mise en concurrence est prévue, faire voter l'assemblée sur un seul devis porte atteinte aux droits des copropriétaires et encourt la nullité.

En revanche, la question se pose différemment lorsque le défaut de mise en concurrence ne résulte pas d'un manquement du syndic, mais d'une absence de réponse des entreprises contactées.